9.7.07

sobre a nova reforma penal R. Dati

"C'est un projet qui dit au délinquant : "Tu n'as que ce que tu mérites et tu serviras d'exemple à ne pas suivre." Il marque l'érosion de la philosophie de la réhabilitation, qui était inscrite dans notre tradition pénale, et la montée en puissance de la dissuasion."

"(...)Pourtant, on n'a jamais vu, dans l'histoire, un recul de la criminalité par l'augmentation de la peine. Le bagne ou la transportation aux colonies n'ont pas fait reculer au XIXe siècle le "péril récidiviste", bien au contraire."

"(...)Nos cheminements comparés sont troublants. Le paradoxe est que nous nous rapprochons du modèle américain au moment où celui-ci est remis en question devant le coût exorbitant de la prison et le doute sur son efficacité. Aux Etats-Unis, le tout-carcéral a été symbolisé par le slogan des conservateurs, opposés à la réhabilitation : "Nothing works", rien ne marche contre la délinquance. Il a donné une équation simplissime : si la punition est douce, le crime augmente, si elle est dure, le crime diminue. Les libéraux ont eux aussi adhéré à cette doctrine car ils critiquaient le nanny state, l'assistance de "l'Etat-nounou", la conception thérapeutique de la peine. Une explosion carcérale sans précédent a suivi."

"(...)On ne peut rester sur l'idée selon laquelle le délinquant qui a commis une faute doit payer en étant seul responsable de ses actes. L'Etat doit prendre sa part de responsabilité. Il doit accompagner ce projet répressif d'une politique publique d'inspiration sociale et éducative. Albert Camus l'avait dit au sujet de la peine de mort : la dissuasion ne règle rien. Aujourd'hui nous ne devons pas laisser croire que la dissuasion carcérale va réduire la criminalité. Il faut évidemment réprimer les actes. Mais aussi déployer une pluralité d'initiatives pour s'attaquer aux causes de la délinquance."

Denis Salas, Le Monde, 8.7.07

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